Le naturisme

Le nudisme NON, le naturisme OUI. 

La principale barrière au naturisme c'est notre culture. 

Que nous le voulions où non nous sommes pétris de principes, d'atavismes, de rituels qui nous collent aux basques et nous empêchent d'évoluer librement. 

Il faut savoir parfois ruer dans les brancards, se débarrasser des valeurs que nous ont transmises nos parents, nos proches, notre entourage, notre civilisation. 

Pas facile car, inconsciemment nous nous sommes approprié ces principes, nous en avons fait une partie de nous-mêmes. 

Cette opération s'apparente à un changement de pot pour la plante.

Après avoir germé puis grandi sans choisir notre provenance, le moment est venu de choisir un nouvel environnement. 

Soit nous optons pour un pot plus grand où nos racines pourront se développer mais nous adoptons alors le même mode de vie, soit nous choisissons de nous replanter en pleine terre avec tous les risques d'un environnement naturel donc menaçant. 

Le bégonia que l'on soigne tout au long de l'année, que l'on rentre à l’abri aux premiers frimas, qu'on arrose régulièrement, a toutes les chances de refleurir au printemps. 

L'autre, celui que nous aurons replanté en pleine nature, devra affronter pucerons, grêle, froid et animaux de toutes sortes, bref, le danger. 

Être nus en pleine nature nous demande de remonter à des temps très anciens où les premiers hommes n'avaient pas encore de vêtements. 

Autrement dit, le naturisme que certains conçoivent comme un grand pas en avant serait lié, au contraire, au besoin de revenir à un état primitif. 

L'obstacle réside donc dans cette dichotomie : vivre dans un état exceptionnel parmi nos semblables ; être à la fois dans un temps que nous choisissons et dans l'autre que nous ne maîtrisons pas. 

D'autres éléments viennent s'ajouter à cet obstacle : l'apparence. 

Les premiers hommes vivaient nus et ne se souciaient guère de leur physique. 

Il est vrai qu'ils étaient vieux à quarante ans quand les éléments le leurs permettaient donc la vieillesse était relative. 

Pour nous l'apparence a plus de chances d'évoluer tout au long de notre longue vie. 

Cette dernière ne nous épargne pas les abus de toutes sortes et même si nous menions une vie d’ascète, les rides, la peau flasque, les bourrelets ne manqueraient pas de nous accompagner jusqu'à notre dernier souffle. 

Dans une société où le paraître tient une place non négligeable il devient difficile de faire abstraction de son physique. 

Là aussi le regard de l'autre décide de notre attitude. 

Soit je me rhabille et je rentre dans le moule de la société bien pensante, soit j'assume et me fous des regards obliques. 

Il reste que nous ne sommes pas tous égaux, dans ce domaine comme dans bien d'autres, et là où le naturisme est à contre-courant des conventions, le vêtement pour quelques peuples primitifs de notre planète n'est qu'un artifice qu'ils arborent en riant car il est surtout l'apanage des visiteurs de passage. 

La "civilisation" les a épargné. 

Pour ces gens-là le mot naturisme est vide de sens. 

Ils font encore partie de cette nature vierge (hélas pas pour longtemps) ou le vêtement est un déguisement propre à singer le voyageur venu "d'un autre monde". 

Pour moi le naturisme est un art de vivre le plus près possible de la nature, en accord avec mon moi profond, en assumant ma silhouette ventripotente, en respectant l'autre et sa pudeur mais en lui demandant de respecter aussi mes goûts. 

La nudité ne devrait pas choquer. 

Elle a le mérite de dire la vérité. 

Le vêtement triche. 

C'est lui le message. 

Respect mutuel et tolérance devraient être les maîtres mots de cette philosophie.


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